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Petite histoire très récente du vin de Gaillon

 

En 1988, Robert GENTIÉ pépiniériste viticole renommé situé à Sainte Livrade sur Lot en Lot et Garonne, secrétaire général de la Fédération nationale des pépiniéristes viticoles fait don à Pierre ROUQUIÉ alors directeur technique de l’Office National Interprofessionnel des Vins et installé à Gaillon depuis peu, d’un plant d’une variété nouvelle

 

de vigne obtenue en 1981 par l’institut National de la Recherche Agronomique (INRA) par croisement interspécifique entre le 7489 Inra Bordeaux et la Perle de Csaba B. Cette nouvelle variété est considéré comme une variété d’agrément pour amateurs.

Le précieux cep alors baptisé « Florentin doré » est planté sur le coteau du Mesnil-Gosse à GAILLON ou il pousse à merveille et est aujourd’hui une magnifique tonnelle qui produit jusqu’à 30 kg de raisins.

Dés lors, fort de cette première expérience embryonnaire positive viticole, notre néo-vigneron normand fait part de sa joie autour de lui et notamment à son voisin du haut, informaticien professionnel, qui vient d’acquérir une bande de terre en continuité de son terrain. Un pari fou est alors conclu entre les deux compères : Et si cette parcelle de coteau pentu orientée plein sud, était planté en vigne ? Chiche !

Pierre ROUQUIÉ fit alors appel à un autre ami pépiniériste viticole franc-comtois, Pierre-Marie GUILLAUME qui lui fit don de 25 boutures de Pinot Noir, clone 528. Ainsi, ce merveilleux cépage qui produit les grands vins de Bourgogne et participe largement à la production champenoise allait tenté d’être acclimaté en Normandie !
Le micro vignoble se portait si bien sur le coteau normand qu’il fut décidé de doubler la surface en 1994 et à nouveau en 1995. Enfin en 1996, les deux compères portèrent le nombre de plants à 125 unités. 
La première récolte de cette année là, permit de produire après vinification soignée, quelques bouteilles de vin plutôt clair mais finalement assez prometteur sur le plant qualitatif et donc très encourageant pour nos deux amis néo-vignerons normands. 

En novembre 1996, une première page couleur dans le journal local « l’IMPARTIAL » consacra l’exploit sous la signature du journaliste Patrick-Serge Lefebvre sous le titre : « Gaillon en bouteilles ».
Une confrérie fut fondée prenant le nom un tantinet pompeux de « Gentilshommes vignerons de Gaillon et autres lieux », et la première intronisation eu lieu au 13 rue du Mesnil-Gosse pour la Saint Sylvestre 1997. 

Les récoltes se suivirent et embellirent dans ce petit vignoble dénommé « Clos Mabiche ». 

En l’an 2002 la récolte atteint 138 bouteilles et la confrérie plus de 30 intronisés dont les deux Maires de Gaillon, Maurice MAIRE et Serge CHAMPEY.
Début 2003, tirant les conclusions d’une évolution de la Confrérie contraire à l’éthique associative et surtout vigneronne qui avait prévalue à ses débuts, Pierre ROUQUIÉ fut conduit à rompre le partenariat avec le « Clos Mabiche ». La confrérie fut dissoute et rebaptisé « amis du vin de Gaillon ». 


 

Quelques références historiques sur la vigne en Normandie

 

 

D’après Léopold DELISLE : « Conditions de la classe agricole en Normandie au moyen âge » 

 

La Normandie connut la vigne bien avant le pommier qui ne fut importé du Pays Basque qu’au XIV ème siècle.
A cette période, la Normandie appelée alors NEUSTRIE était encore rattachée à la monarchie française.
Séparée d’elle par ROLLON dès 912 et craignant sans doute de ne plus recevoir de l’extérieur une denrée qui lui était chère, la Normandie étendit rapidement ses vignobles principalement sur les rives de la SEINE, de l’EPTE, de l’EURE, de l’ITON, de la RILLE, de la DIVE, de l’ANDELLE, de l’ORNE et de la SÉE

La viticulture y atteignit son apogée, les Xème, XIème et XIIème siècle

Leopold DELISLE signale dans son ouvrage que les environs de VERNON devaient être un vaste vignoble d’après les cartulaires de l’époque.

« Les Etablissements religieux de la région y possèdent tous quelques arpents. L’abbaye de FECAMP en à 12, les moines de la TRINITÉ de ROUEN en reçoivent 10 en 1030, l’abbaye de MONTVILLERS en achète 5 au cours du même siècle, les comtes d’EVREUX possédaient à LONGUEVILLE des revenus considérables de vin dont ils aumônèrent plusieurs muids aux moines de SAINT – EVROUL et aux BONS HOMMES DE GAILLON.
Ce cru alimentait aussi les moines de VAUX DE CERNAY, de MONTEBOURG près de VALOGNES et même ceux de SAINTE-GENEVIÈVE à PARIS »

Petite histoire très récente du vin de Gaillon (Suite)

 

 

Pendant ce temps le plant de Florentin doré embellissait et faisait des petits par bouturage, marcottage et autre provignage. 
En l’an 2006 les quelques 12 ceps du « Clos Adélaïde » au 7 rue du Mesnil-Gosse à Gaillon permirent de produire plus de 50 kg de vendange parfaitement saine de laquelle furent tirés 36 bouteilles d’un petit vin blanc sans prétention mais au demeurant fort plaisant. 

Ainsi, il était dûment confirmé que le Florentin doré avait qualité d’excellent cépage mais surtout semblait parfaitement adapté au climat normand et à ses particularités, tempéré, frais et humide.
On sait aujourd’hui que cette variété est cultivée dans le sud de l’Angleterre (Sussex, Kent...) 
Par ailleurs, le vin produit même s’il présentait une acidité assez marquée à ses débuts révélait des arômes primaires particulièrement intéressants de type floral légèrement musqué.