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Historiques sur la viticulture normande

April 11, 2015

Participer au renouveau viticole de Gaillon

 

 

Quelques données historiques sur la viticulture normande

 

L'archéologie atteste l'existence de la vigne sur le sol normand dès l'époque romaine. Présence confirmée au haut Moyen Âge par des textes. L'Église, dont les messes nécessitent du vin, a sûrement joué un rôle dans ce développement. Mais c'est surtout à l'époque ducale que remonte la vraie conquête de la vigne en Normandie.

 

La Normandie connut la vigne bien avant le pommier qui ne fut importé du Pays Basque qu’au XIV ème siècle. 

 

La viticulture y atteignit son apogée, les Xème, XIème  et XIIème siècle

 

Dès la fin du Xe siècle, on remarque l'essor des vignobles de Longueville, autour de Vernon, et d'Argences à l'est de Caen, « où les abbayes se disputent à prix d'or les moindres parcelles ». Aux siècles suivants, la vigne apparaît partout, plus exactement sur toutes les pentes bien exposées (à l'exception du Cotentin).

 

Trois zones de production se distinguent néanmoins : la vallée de la Seine, les coteaux d'Argences et l'Avranchin. À cette époque et jusqu'à la fin du XIIIe siècle, le duché de Normandie bénéficie de conditions climatiques relativement favorables à ce type de production. Il produit même suffisamment pour exporter jusqu'en Angleterre.

Leopold DELISLE signale dans son ouvrage que les environs de VERNON devaient être un vaste vignoble d’après les cartulaires de l’époque.

 

« Les Etablissements religieux de la région y possèdent tous quelques arpents. L’abbaye de FECAMP en à 12, les moines de la TRINITÉ de ROUEN en reçoivent 10 en 1030, l’abbaye de MONTVILLERS en achète 5 au cours du même siècle, les comtes d’EVREUX possédaient à LONGUEVILLE des revenus considérables de vin dont ils aumônèrent plusieurs muids aux moines de SAINT – EVROUL et aux BONS HOMMES DE GAILLON. 

Ce cru alimentait aussi les moines de VAUX DE CERNAY, de MONTEBOURG près de VALOGNES et même ceux de SAINTE-GENEVIÈVE à PARIS »

 

Puis, l'essor viticole s'arrête, entravé par la dégradation du climat et par la concurrence d'autres régions viticoles.

 

Après 1154, l'intégration de la Normandie à l'empire Plantagenêt ouvre la région à des vins de meilleure qualité: ceux de la Loire et ceux de Bordeaux. Si la conquête du duché par le roi de France Philippe Auguste en 1204, débarrasse la Normandie de cette concurrence, elle se retrouve inondée par les vins d'Île-de-France et de Bourgogne.

 

À l'époque moderne, la viticulture normande n'offre qu'une maigre production. Selon certains, prompts à dénigrer: « Les vignes résiduelles, comme celle des coteaux d'Argences, près de Caen, ne sont plus qu'une curiosité dont le produit est unanimement méprisé ». On recourt donc à l'importation.

Roger DION dans sa très célèbre « Histoire de la Vigne et du vin en France » parle de « vastes vignobles qui entouraient le château de Gaillon  en 1701»

 

Au XVIIe siècle, des vignes sont arrachées autour de Vernon. Le mauvais goût du vin et la lourdeur des taxes sur la production a raison des derniers pieds.

En 1789 l’Eure compte environ 2000 ha de vigne.

En 1816, subsistent des vignes sur les coteaux d'Argences, à Port-Mort près des Andelys, à Nonancourt et Ménilles. En 1866, le département de l'Eure comptabilisait plus que 1136 ha de vignes soit 0,19% de sa superficie, pour un rendement d'une vingtaine d'hectolitres à l'hectare. En 1908 le Ministère des Finances recensait dans l’Eure 689 récoltants pour 50 ha de vignes et une production de  1830 hectolitres ! En 1928, il ne subsiste que 9 déclarants pour 2 ha de vigne et 42 hl.

 

Des clichés pris au début du XXème siècle montrent des petits vignobles fort bien entretenus à Saint Marcel (1904 et 1914), à Gaillon en 1911, aux Andelys en 1930au même emplacement qu’un vignoble cultivé vers 1800 sur les pente de Château Gaillard.

Le fameux prieuré des deux Amants à Anfreville sous les Monts, disposait d’un vignoble dont on voit encore les traces vers 1800.

Tout près de l’ancienne église ou furent célébrés les fiançailles de Louis VIII et de Blanche de Castille sur les coteaux de Port-Mort, un petit vignoble était visible vers 1905.

 

Les causes de la disparition du Vignoble

 

Le petit âge glaciaire (ou little ice age) fut la période la plus froide, qui dura de 1350 à 1955, avec des pics minimums en 1440/1460, 1450 en fut le minimum thermique, et 1575 fut l'année de l'essor de la larve de pyrale, appelée Dadin en normand, larve qui rongea le pied des vignes fragilisées.

La période de 1660 à 1705 ruina le vignoble de Normandie, le raisin arrivant à peine à maturité et manquant de soleil, qui fit du vin de la piquette. Durant cet âge, 1750 à 1775 eut lieu le maximum thermique de cette période.

 

Comme les alentours de 1860/1900 furent un bref réchauffement qui sera quant à lui, celui de l'extension du phylloxéra pour la vigne normande (ainsi que dans la majorité des régions viticoles françaises). Début XXe siècle, des inondations au Pays de Caux virent la quasi-disparition des vignes de Normandie orientale en Seine-Maritime, dont celles de Conihout à Jumièges, en échalas. Peu après, les quelques vignes restantes furent subventionnées à l'arrachage, par l'État français et la région.

 

Aujourd'hui, on voit encore dans certaines propriétés quelques pieds qui poussent le long de murs mais les grappes de raisin ne sont plus pressées.

 

Les cépages cultivés dans l’ancien vignoble de l’Eure

 

D’après Pierre GALET, les cépages les plus fréquemment cultivés étaient le Meunier, les Pinots blanc et noir (toujours cultivé en Champagne), le Meslier encore cultivé marginalement en Val de Loire, le Chasselas, cépage blanc principal du vignoble suisse, le Gouais, ancêtre géniteur de beaucoup de cépages modernes, les Gamays blanc et noir ainsi que des Muscats. Sont cités également le Gros blanc ainsi que le Coquillard, cépages aujourd’hui disparus.

 

Fêtes des Vendanges

 

Comme dans toutes régions vinicoles, les Vinailles, « vendanges » en normand, se terminaient par une fête, dont l'instrument traditionnel était la haute loure (sorte de grosse cornemuse normande).

 

Des chansons furent composées à cet effet, dont le branle (danse) : Trinquons seigneur, appelée aussi Sophie Don Don (attribuée à Olivier Basselin), et la danse à figure Allons voir nos vignes, qui furent dansées du XIVe siècle au XIXe siècle.

 

 

Bibliographie

  • Roger DION « Histoire de la Vigne et du vin en France des origines au XIXème siècle » 1959 Flamarion 

  • Lucien Musset, « Essai sur les vignobles des monastères normands (Xe-XIIIe s.) », Recueil Dr Jean Fournée, Nogent-sur-Marne, 1979, p. 235-236 ;

  • J. Lesage, « Les vignobles d'Argences », Mém. de l'Académie nationale des Sciences, Arts et belles Lettres de Caen, Caen, 1910, p. 81-130 ;

  • Abbé Cochet, « Les anciens vignobles de la Normandie », Revue de Rouen et de la Normandie, Rouen, 1er semestre 1844, p. 338-354 ;

  • Léopold Delisle, Études sur la condition de la classe agricole et l'état de l'agriculture en Normandie au Moyen Âge, Évreux, 1851, p. 418-470.

  • T. Dutoit et J. Chaïb, « Quand la Haute Normandie cultivait ses vignobles : analyse bibliographique et essai d'écologie historique », Le Viquet, n° 109, Saint-Michel, 1995, p. 3-24

     

     

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