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Les vignes, les vins et les viticultures

December 30, 2015

3ème partie - La viticulture marchande

 

Le vin à toujours été un produit marchand, c'est-à-dire échangeable contre monnaie ou autre étalon de valeur,  sur un marché.

A noter deux autres produits marchands célèbres :

Le sucre, les épices sur lesquels on pourrait disserter au moins autant que sur le vin, si on y ajoute la soie…

 

Pour circuler à des fins commerciales, le vin doit être « sain, loyal et marchand ». Cette triple notion  n’est pas définie dans un texte de Loi précis mais fait figure de postulat ou d’axiome fondamental, base de tout le tractus réglementaire qui entoure le vin afin de le protéger contre les fraudes et falsifications de tout ordre, dont la fameuse loi du 1er août 1905 en est la « bible » primale.

 

En fait, les marchands sont la base même de toute activité économique, leur maillage géographique, établi parfois depuis très longtemps, structure toute l’économie de la Planète.

 

L’activité marchande à suivi l’économie primordiale de chasse cueillette puis l’activité agricole sédentaire qui a engendré la notion de propriété. Economie d’échanges, elle a permis de distribuer ici ce qui était produit là prélevant au passage une plus-value dont l’amplitude est plus ou moins discutée.

 

L’activité marchande à généré des richesses considérables, édifié des empires dont certains ont plusieurs siècles d’existence.

 

Il est des lieux particulièrement emblématiques de cette activité, et ce depuis l’antiquité, ce sont les ports.

 

S’agissant de vins, en France, il faut citer les ports de Bordeaux, La Rochelle, Sète, Nantes, Marseille…

 

C’est sans doute Bordeaux qui à joué et joue encore le rôle le plus déterminant dans le commerce des vins.

Nous allons nous arrêter un peu sur son cas.

Nous parlerons ensuite d’autres vignobles marchands tels que Cognac et Porto au Portugal.

 

Le véritable essor de la cité vinicole bordelaise a débuté au milieu du XIIème siècle avec le mariage  d’Aliénor de Guyenne avec Henri II Plantagenêt.

En effet, à cette époque toutes les provinces de l’ouest séparées du royaume de France sont rattachées à l’Angleterre.

 

Il faudra trois siècles dont « cent ans » de guerre pour assurer leur reconquête définitive et Bordeaux restera la dernière ville à changer de main.

Ainsi, les deux grandes puissances maritimes que sont Londres et Bordeaux vont dans un climat de fidélité sans faille, développer leurs relations commerciales et notamment en matière vinicole.

 

Bordeaux, cellier de l’Angleterre, est alors un véritable joyau médiéval dans un écrin de vignes, une ceinture de pampres.

 

A noter l’apparition de deux caractéristiques techniques remarquables : la plantation en rang qui détrôna la plantation en foule présente partout ailleurs et le labour inter-rang à traction animale.

 

Au fur et à mesure du développement du commerce maritime, le vignoble gagne en extension. Le libournais ne sera pas en reste et le port de Libourne permettra l’acheminement vers l’Angleterre  des vins  de grande qualité  alors connue et reconnue de Saint Emilion.

 

Le 27 mars 1289, nous dit l’historien Pierre ANDRIEU, la délimitation du vignoble de Saint-Emilion fut fixé par une charte d’Edouard premier Roi d’Angleterre que les rois suivants s’empressèrent de reconduire.

Ainsi, cette merveilleuse cité viticole, administrée par un Jurade veilla très tôt à la pureté de ses produits, et, interdisant l’intrusion de vins d’autres provenance, elle délivrait des certificats d’origine matérialisés par des marques au feu sur les barriques.

L’administration de l’origine est née à Saint Emilion au XIIIème siècle !

 

Un autre historien médiéviste, Henri PIRENNE nous fait comprendre comment le développement du vignoble bordelais s’intensifia rapidement en accointance avec les marchands  anglais. L’approvisionnement privilégié des places anglaises se fit en substitution des entrées provenant des ports du nord par qui transitaient les vins en provenance de l’Allemagne ou d’Ile de France, bien plus médiocres en qualité.

 

Le premier acte connu, relatif à l’exportation des vins vers les ports d’outre Manche porte la date de 1154.

Ce commerce florissant fut très vite taxé au profit du Roi ce qui contribua  à enrichir notablement la Cour d’Angleterre.

 

Dès la fin du XIIème siècle le Comté des Flandres était devenu une destination importante de vins français. De là ils étaient acheminés par voie fluviale vers l’intérieur des Pays-Bas.

 

Par la suite, de nombreux échanges commerciaux se développèrent entre les marchands du Nord (Hanse teutonique, Hollandais) apportant draps, blé, poissons secs, fourrures de Prusse et de Russie, et les fournisseurs de vins de Bordeaux abondés rapidement par des vins de provenance plus méridionale, Gascogne notamment.

 

Au XIVème siècle le commerce des vins à activé tous les Ports de la façade atlantique jusque aux ports de la mer du Nord et de la Baltique. Les marchés de la Pologne sont même atteints par la Vistule !

 

Une conséquence directe de ce fort développement commercial fut  la naissance du droit maritime.       

 

Le retour de la Guyenne à la couronne de France l’été 1453 sous Charles VII, signa la fin de la Guerre de Cent ans et porta un coup d’arrêt au commerce florissant des vins vers l’Angleterre.

 

Fort heureusement pour les bordelais, Les liens commerciaux furent rétablis par Louis XI ce qui redynamisa les échanges avec  les marchands du Nord, anglais et hollandais.  

 

 

 

 

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